Fari et Tima
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Fari et Tima est une grande oeuvre africaine en trois parties, d’une durée totale d’environ quarante minutes.

Elle contient trois chansons originales et un final chanté par une mezzo-soprano.

Le narrateur Soro Solo est un grand journaliste d’origine Ivoirienne.

Soro Solo

Souleymane Coulibaly, dit Soro Solo, est un animateur de radio ivoirien, né en 1950 à Korhogo en Côte d’Ivoire.

Il collabore à Radio France International dès 2004.  En août 2005, il est l’auteur et le narrateur des chroniques Je vous écris de France . En Eté 2006, il produit et co-anime  L’Afrique Enchantée  une émission quotidienne sur France-Inter.

L’émission apporte un ton nouveau, émouvant et humoristique et connait un grand succès.

Découvreur de talents, Soro Solo a accompagné l’ouverture de l’Europe aux musiques africaines.

Fari et Tima, la chanson titre, est interprétée par Safi Rakover.

Safi est connue par ses rôles dans de nombreuses comédies musicales.

Au milieu des miens, est une chanson qui se trouve au début de la seconde partie.

Fari part au village par le fleuve à bord de sa pirogue.

Chris est un formidable chanteur Malgache dont la tessiture de voix est aussi étendue que celle de Michael Jackson.

 

 

Je serai là pour toi, est la chanson finale de la troisième et dernière partie.

Andréa est aussi une chanteuse malgache avec un voix large, puissante et expressive.

Les harmonies de voix sont faites par Chris.

Please save Tima, est le final de la seconde partie. 

Fari n’est pas parvenu à sauver Tima. 

On entend les cordes de l’orchestre de Cleveland, puis la merveilleuse voix de la mezzo-soprano américaine Megan Magsarili.

Les thèmes se mélangent et se répondent. Le thème du desting, le thème de Tima, le leitmotiv de la fatalité…

Un grand moment de musique orchestrale et lyrique.

 

Fari et Tima

Stéphane Meer

Tima est une maman éléphante.

Elle est très grande et forte.

Maya, son bébé, la suit partout.

Comme chaque jour, avec le troupeau, ils vont au fleuve pour boire et se rouler dans la boue.

Ils en ont besoin pour protéger leur peau des insectes et du soleil.

Maya est turbulente ; elle ne pense qu’à s’amuser tout le temps.

Elle court dans l’eau et utilise sa trompe comme un pistolet pour arroser ses copains.

Beaucoup d’animaux viennent se désaltérer ici, y compris les lions et les hyènes.

Tima surveille toujours son éléphanteau.

Et ça y est ! Maya fait de nouveau des bêtises ; elle s’éloigne seule du troupeau en longeant la rive.

Sa maman sonne de sa trompe et va la chercher.

Mais les berges sont pleines de pièges, Tima s’enfonce dans une mare de boue profonde.

Elle se débat mais ça ne fait qu’aggraver les choses.

La terre atteint son ventre, elle ne peut plus bouger.

Elle lance des appels au secours au troupeau qui vient autour d’elle.

Matriarche, la plus sage et la plus expérimentée des éléphantes, sait qu’on ne peut rien faire.

S’ils s’approchent, ils seront piégés eux aussi.

Maya, alertée, revient à toute vitesse.

Elle panique en voyant sa maman en danger et pousse de grands cris.

Matriarche la retient de sa longue trompe pour l’empêcher de s’enfoncer à son tour.

D’un son très grave, qui ressemble à un vrombissement, Tima leur dit :

─Sauvez mon enfant, emmenez-la avec vous !

Matriarche comprend.

Le monde sauvage est cruel, il ne faut pas rester près d’un animal en détresse.

Ça attire les prédateurs, c’est dangereux.

Le troupeau reste encore un peu, puis se remet en mouvement, malgré les pleurs déchirants de Maya qui ne veut pas abandonner sa maman.

La nuit tombe.

Tima est complètement paralysée.

Elle entend les ricanements des hyènes et le rugissement des lions qui partent pour la chasse.

*****

─Fari, va au village chercher du riz !

─D’accord maman.

─Et fait bien attention surtout !

─Oui maman, ne t’inquiète pas.

─Dès que tu as le sac, tu reviens tout de suite ; tu ne restes pas au village tout seul.

Pourquoi sa maman s’inquiète toujours quand il va faire des courses ?

Il est pourtant grand maintenant ; il a déjà dix ans !

Il monte dans sa pirogue et descend le fleuve.

Les crocodiles ne posent pas trop de problèmes mais il faut toujours être vigilant avec les hippopotames.

Si on les dérange ou s’ils protègent un petit, ils sont capables d’attaquer la pirogue et de la casser en deux d’un coup de dent.

Mais Fari sait bien tout ça ; il a l’habitude.

Il avance vite dans le sens du courant.

Soudain, après un tournant, il remarque quelque chose qui n’est pas normal.

Un dos d’éléphant dont on ne voit plus les pattes.

Fari s’approche doucement.

Le pauvre animal doit être mort, il ne bouge plus.

Sa peau porte des traces de griffures.

Et pourtant, alors qu’il se trouve à terre en face d’elle, Tima ouvre les yeux et tend un peu sa trompe vers lui.

Fari est bouleversé.

Il aime tellement les animaux ; il voudrait faire quelque chose ; il doit faire quelque chose.

Alors il reprend sa pirogue et court à travers le village, pour convaincre les grands de le suivre.

Puis il retourne vite chez lui chercher son père et ses amis.

Bientôt, tout un groupe d’hommes africains sont rassemblés autour de l’animal.

Wôlo, le père de Fari, organise le sauvetage.

On coupe du bois et des lianes.

L’éléphante est entourée d’un plancher de branches.

Puis, avec des pelles, on creuse pour libérer les pieds et passer des cordes.

Trois hommes tirent pour soulever chaque lourde patte et la déposer sur le bois.

Tima doit se lever maintenant.

Mais elle ne réagit plus, elle est exténuée.

Fari la supplie de se lever ; il essaye de tirer sa trompe pour l’encourager, mais rien n’y fait.

─Papa, fais quelque chose ; il faut y arriver !

─Écoute mon Fari, c’est la nature. Nous avons fait tout ce qui était possible. Il faut accepter le destin.

Un villageois s’adresse à Wôlo :

─Plutôt que de la laisser agoniser, je peux abréger ses souffrances si vous voulez ?

Wôlo regarde son fils, puis fait oui de la tête.

Il s’écarte de quelques pas, puis d’un coup se retourne :

─Attends ! J’ai peut-être une idée !

*****

Tima est fatiguée de lutter.

Toute la nuit, elle a dû supporter les assauts des hyènes et des lions qui sautaient depuis le talus.

Elle aimerait tellement revoir Maya, mais elle n’en a plus la force.

C’est alors qu’elle entend des cris derrière elle.

Le feu ! Des guerriers avec des torches !

Ils courent en agitant les flammes et en frappant des pierres dans un vacarme terrible.

Les premières torches la touchent et leur langue est brûlante !

Tima est prise de panique et dans un sursaut de terreur ancestrale, s’arrache sans réfléchir du sol, se dresse sur ses pattes, s’élance et… se retrouve sur la terre ferme !

Les villageois hurlent de joie, et Fari se jette au cou de son papa.

L’éléphante est sauvée !

Depuis ce jour, Fari va souvent voir Tima.

Elle vient à sa rencontre avec Maya, qui a grandi.

Ils jouent ensemble à s’arroser pendant la baignade.

Souvent, Tima secoue la tête de bas en haut, remue les oreilles et dresse sa trompe devant le petit garçon.

Et Fari comprend tout : elle lui dit : “merci de m’avoir sauvée la vie !”

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